Pourquoi ai-je quitté mon sacerdoce? Antoine
Mes chers condisciples,
"Pourquoi avez-vous quitté votre sacerdoce?" est la question
que tant de fois vous m'avez posée. Ce n'est pas facile à
répondre, mais je m'efforcerai de vous plaire quand même,
malgré moi un petit peu seulement.
En me profitant de ces brèves lignes, je vous transmets mes
sincères intimes sentiments. Je veux vous écrire en francais
non parce que j'y suis habile mais par le préférence d'un
grand nombre d'entre vous.
Ils me préfèrent écrire en cette
langue pourqu'ils puissent la relire et la revoir après de
longues années. Ceci est délicat aussi, n'est-ce pas? Je vous
demande votre pardon si quelqu'un parmi vous se sent déplaisant
ou gêné en lisant ces lignes...
Alors, pourquoi ai-je quitté mon sacerdoce? D'abord, c'est
à cause de ma faute - mea maxima culpa. Je manquais de la
volonté, même de la foi. Je ne savais comment subir la solitude
quand il n'y avait rien à faire excepté la riziculture pour
survivre.
Je n'étais vraiment pas patient et endurant. On
dit souvent: "Etre sans rien faire, c'est l'origine des péchés."
Dans une situation complexe, pleine de difficultés au point
de vue politique, économique, matérielle et spirituelle, il
m'est facile à me décliner.
Je ne savais trouver à moi-même
une bonne route pour marcher et un travail intellectuel qui
pouvait m'aider de surpasser tout et de vivre dans la grâce
de Dieu.
J'étais loin de L'Evêché, loin de mes confrères et
surtout n'avais pas tant de relations avec eux à cause de
la situation de sécurité publique en ce temps-là: nous étions
limités des contacts sous forme de retraites régionales ou
diocésaines, mensuelles ou annuelles. L'homme solitaire est
souvent l'objet des tentations.
Secondairement, c'est à cause de ma manque de confiance en
mon Supérieur, mon Evêque. Il me semble qu'il ne savait pas
comment supporter les jeunes prêtres et qu'il ne les comprenait
pas. Ceux-ci étaient partis avant moi d'une fois ou d'autre.
Eux, qui travaillaient dans des paroisses isolées, lointaines
et privées de tout. Là, il y avait très peu de chrétiens et
ils n'avaient pas beaucoup de tâches pastorals à faire. Au
matin, quelques personnes - au moins dix - allaient là la
messe. Au soir, le Curé devait s'asseoir devant la porte de
l'église pour les attendre à la prière. Je me demandais souvent:
vivais-je ici pour quoi faire? Une seule chose qui me faisait
réfléchir c'était que comment je pouvais aider mes pauvres
chrétiens dans leurs situations de cette époque-là. Ils étaient
pauvres, mais vertueux et riches en charité. Cependant ils
vivaient loin de l'église de la paroisse, les vietnamiens
ainsi que les montagnards; ils pouvaient venir avec moi seulement
aux dimanches. Et puis tout était tranquille toute la semaine
depuis Lundi jusqu'au Samedi. Si mon Evêque y avait pensé,
si mes confrères l'avaient reconnu, je ne serais pas peut-être
parti...
Vivant dans un endroit lointain et pauvre, je ne
pense pas à une vie plus aisée, pleine de besoins matériaux,
mais j'avais, en réalité, besoin des soutiens mentaux. Malgré
que je dusse mendier mon pain chez mes confrères plus âgés,
mais avant tout, je voulais demander leur stimulation et leur
bienveillance. La compréhension envers les autres n'est jamais
superflue.
Enfin, c'est à cause de la condition spéciale de sécurité en
ce temps-là que multiples règlements particuliers avaient
été strictement imposés. Je n'avais jamais la permission de
me déplacer n'importe où sans demander un laissez-passer.
Je n'étais pas assez comfortable en pratiquant la pastorale.
Je n'avais aucun support du côté de chez mes fidèles, même
chaque fois j'étais invité à une enquête parce qu'ils étaient
faibles et incultivés.
Tout cela me conduisait au découragement et à la vie charnelle.
Je pensais à mon serment quand je me couchais sur terre écoutant
la prière des Saints avant la réception du diaconat. J'avais
dit à moi-même: "Un jour, si je me succombe, je ne me lèverai
pas". Et ainsi je suis parti...
En somme, tout est à ma faiblesse.
Tout est à ma manque de volonté, de confiance, de patience.
Je n'avais pas eu assez d'esprit serviable. Je vous parle
non pas pour me trouver une apologie mais pour demander votre
compréhension après la miséricorde et le pardon de Dieu.
Après presque quinze ans hors du giron de l'Eglise, j'ai été
dispensé par le Pape et maintenant je vis comme les autres
chrétiens, comme vous avec quelque regret du passé.
Mais dans
la difficulté financier de ma famille, parfois je tombe au
désespoir et me plains de la bonté de Dieu. Est-ce que je
suis encore puni par Lui? Donnez-moi une prière afin que je
puisse avoir la Foi et l'Espérance en Celui qui est toujours
miséricordieux à ses pécheurs.
Dans la grâce de Dieu et de
la Sainte Année.
Amicalement,
Antoine
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